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La Liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix
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La liberté commence souvent en étant illégale

Louise Michel, Madeleine Pelletier, Florence Nightingale : trois femmes qui ont forcé l’ordre établi, et ce que leur parcours dit de nos reculs.

La liberté commence souvent en étant illégale, hors-la-loi, ou révolutionnaire.

Et parfois, c’est une femme qui refuse de plier, qui s’oppose, ou qui se glisse dans les interstices de l’ordre patriarcal établi.

Ce week-end, j’ai entendu parler de trois femmes qui, à des époques différentes, ont bousculé nos vies. Louise Michel, l’enseignante révolutionnaire, qui a traversé la monarchie et la République. Madeleine Pelletier, la féministe radicale, qui a forcé les portes du savoir. Florence Nightingale, la pionnière de la santé moderne, qui a changé la médecine.

On retient souvent son foulard rouge, la communarde, la bagnarde exilée. Mais avant cela, Louise Michel était enseignante. Elle a consacré sa vie à apprendre aux filles à penser, à être autonomes, à ne pas dépendre d’un mari ou d’un père. Pour elle, l’éducation n’était pas neutre. C’était un combat politique. Et pour les femmes, c’était déjà un acte de résistance.

Habillée en costume, cheveux courts, Madeleine Pelletier est la première femme à tenter le concours d’interne en médecine. Dans un monde où les femmes n’avaient pas le droit d’étudier, elle a imposé sa présence et est devenue la première femme psychiatre. Elle a défendu le droit à l’avortement, la contraception, l’égalité salariale. Pour cette indépendance, on l’a enfermée.

On l’appelle « la dame à la lampe », mais elle était bien plus que cela. Florence Nightingale a révolutionné la santé avec une idée simple : éviter que les gens ne tombent malades. Elle a changé la médecine en expliquant qu’il ne suffisait pas de soigner, il fallait organiser, anticiper, structurer. L’hygiène dans les hôpitaux, la formation des infirmières, l’organisation des soins de guerre : c’est elle.

Et maintenant ?

Aujourd’hui, l’école vacille sous les inégalités, la pensée critique s’érode. Les droits des femmes reculent sous les attaques populistes et réactionnaires. La santé publique est à bout de souffle, les logiques comptables ont remplacé les logiques humaines.

Et face à ça, j’ai un peu honte au regard du parcours de ces femmes.

La prochaine révolution est-elle en marche ? Ou sommes-nous en train de tout perdre ? À nous de voir de quel côté nous nous plaçons.