Recueil de poésie publié chez ETSIK, illustré par Fiona P. Murphy.
Le recueil
« C'est l'histoire d'un triangle entre Éros, Thanatos et moi. »
C'est ainsi que Stephen King aurait écrit le début de ce périple de l'adolescence à l'âge adulte, de la naissance au néant. Toutes les ballades sont des chansons d'amour et de mort, et celle-ci n'y fait pas exception.
Elle est un voyage intérieur au sein de nos pulsions primaires Éros et Thanatos, nos « dieualités », dans une odyssée poétique qui s'étend des rives sacrées du Gange jusqu'au vide absolu du néant.
De Bob Marley à Jim Morrison, de Lilith à Lycia, ce récit onirique ponctué de références connues ou à découvrir navigue « entre le flot sanguin et l'éternité …, entre le monde et l'infini ».
Chaque poème de ce recueil est une invitation à chercher la beauté dans la douleur, l'amour dans la perte, la lumière dans les ténèbres. Ils offrent un regard vers des mondes intérieurs, reflets de nos luttes intimes entre le désir de vivre et l'acceptation de notre finitude.
Que ce texte, peuplé de monstres et de sorcières, de dieux et de démons, soit pour toi, lecteur, à la fois un compagnon qui te défie et te console dans les abysses de ton âme, et un guide dans ta propre traversée des joies et des peines de la vie, où résonnent à la fois la liberté, l'espoir, la peur des ténèbres et le désespoir. Qu'il t'accompagne doucement, de l'aube de l'existence à son crépuscule, entre Éros et Thanatos, dans la danse éternelle de la vie et de la mort.
Le livre
Les illustrations sont signées Fiona P. Murphy, la correction Elvire Pierre Bonemine. Chaque poème avance vers son illustration, et chaque illustration répond au poème : le trait sombre et fantastique de Fiona P. Murphy ne décore pas les textes, il les prolonge.
Sur leur travail et leur parcours, voir la page Collaborations.
Le recueil paraît aux Éditions ETSIK (9 rue des Colonnes, 75002 Paris).
Extraits
Sur les rives du Gange
Au Kenya aussi ce doux récit d'échange Se transmet en silence et en sourires gênés On nous dit qu'il suffit de signes dessinés Pour que s'accomplisse ce miracle des langes
La substitution d'un bébé par un ange Tour de magie ou coup de génie ou d'éclair Pour que sur terre un peu de divin nous éclaire
Je sais qu'en secret hier au-delà des faubourgs Ce miracle eut lieu un chérubin vit le jour Quand le ciel s'éclaira d'une lumière étrange
Merlin
As-tu pour elle perdu les pouvoirs que t'avait donnés le prince des ténèbres Et quand ton corps à la vue de Viviane est secoué d'élan ne regrettes-tu pas de n'être pas un simple vivant ?
Dis-moi Merlin pourquoi Arthur a succombé par l'épée ? Dis-moi toi le Pur pourquoi la race des chevaliers a disparu dans un gouffre sans fin par une nuit sans lune ?
Dieu règne au ciel Ton père en enfer Merlin tu es sur terre Brocéliande est ton royaume Reviens nous voir de temps en temps on a besoin de tes talents
L'Aquoiboniste
L'espace se recompose et se détruit sous mes yeux J'irai embraser vos tombes pour voir le feu libérer des ombres Qu'importe mon sort où j'irai quand je serai mort l'enfer c'est maintenant, le supplice d'être vivant Je crie à qui veut l'entendre que l'homme n'est qu'un con Je prie pour les déserteurs au cœur tendre qui sont restés dignes de leur nom Je penche facilement pour les théories pacifistes Je crois qu'il est aisé de tuer, le cul dans un fauteuil de ministre Et j'ai longtemps cherché et je cherche toujours à être et à paraître comme cet aquoiboniste au regard un peu triste Et puis merde allez tous vous faire foutre avec vos conneries l'école, le service, le travail, l'hospice et après les funérailles en conclusion d'une vie de con Requiem
Les Enfants d'Hiroshima
J'entends encore leurs voix je vois encore leurs mains déchiquetées brûlées qui désespérément se tendent depuis un profond néant
Ce cauchemar de folie toujours revient hanter mes nuits Des Enfants ont crié par une chaude journée d'été Un dieu qui avait mal aux yeux les a laissés dans le feu au détour d'une guerre menée par leurs pères
Ces visions de mort étreignent encore mon corps La peur d'un retour à Hiroshima ne s'effacera pas
Quelque part dans la nuit résonnent encore des bruits de bottes Des visages masqués des hordes de sauvages m'envahissent Leurs images me poursuivent pour moi a sonné le glas Mon âme s'effondrera Mon corps a survécu à l'explosion de métal mon cerveau se meurt rongé par le mal
Cette nuit pour les Enfants sans toit j'ai invoqué Gaïa la Terre Quand verrai-je un monde de félicité un monde où naîtront des Enfants fiers de leurs parents
Tu es mon fils Porteur de mon message de détresse Moi je m'éteindrai terrassé à jamais toi tu peux encore espérer un monde plus beau et majestueux où vivront des Enfants heureux Sauvons les Enfants Donnons-leur un peu d'amour Eux seuls peuvent faire de ce monde au passé jonché de cadavres un merveilleux havre de paix
Que jamais non jamais on ne remarche sur nos pas sur les traces d'Hiroshima
Illustrations



















