[{"data":1,"prerenderedAt":151},["ShallowReactive",2],{"livre-\u002Flivres\u002Fen-cours-d-ecriture":3},{"id":4,"title":5,"acheter":6,"annee":6,"body":7,"collection":6,"correctrice":6,"couverture":6,"description":139,"editeur":6,"editrice":6,"extension":140,"extrait":6,"genre":141,"illustrations":142,"illustratrice":6,"isbn":6,"meta":143,"navigation":144,"ordre":145,"path":146,"seo":147,"sousTitre":6,"statut":148,"stem":149,"__hash__":150},"livres\u002Flivres\u002Fen-cours-d-ecriture.md","Le bar des damnés",null,{"type":8,"value":9,"toc":132},"minimark",[10,15,19,22,25,29,35,47,56,60,63,66,69,72,75,78,81,84,87,90,93,96,99,102,105,108,111,114,117,120,123,126,129],[11,12,14],"h2",{"id":13},"le-roman","Le roman",[16,17,18],"p",{},"Le Bar des damnés ouvre tous les soirs au bout d'une rue sans nom, quinze rue\nLavoisier. On y boit, on y parie, et de temps en temps un homme ne se relève pas.\nLa musique repart, le corps disparaît dans la clameur, la soirée continue.",[16,20,21],{},"Keny a dix-sept ans. Trois mois plus tôt, on a retrouvé son grand frère mort\ndevant ce bar. Elle y entre pour travailler, et parce qu'elle veut savoir. Elle y\ntrouve Omar, qui prend les paris et calcule les risques à un pour cent près ;\nBeatriz, qui connaît tout le monde et ne sauve personne ; Emma et Julie, les\npatronnes, qui ont déjà décidé une fois ce que valait une vie contre un chiffre\nd'affaires. Personne ne lui demande d'où elle vient. On lui apprend à lire la\nsalle avant de lui apprendre à lire les poings.",[16,23,24],{},"Il n'y aura ni châtiment ni rédemption. Seulement des gens qui s'arrangent, et\nune gamine qui finit par ne plus trouver le moment où elle aurait pu dire non.",[11,26,28],{"id":27},"en-chantier","En chantier",[16,30,31,34],{},[32,33,5],"strong",{}," est un titre de travail : il peut encore changer d'ici la\npublication.",[16,36,37,38,42,43,46],{},"C'est le troisième versant d'une même obsession, après la poésie de ",[39,40,41],"em",{},"Entre le\nmonde et l'infini"," et l'essai de ",[39,44,45],{},"IA : une odyssée humaine"," : comprendre comment\non tient debout quand tout s'organise pour qu'on ne tienne pas.",[16,48,49,50,55],{},"Il en sera question ici, et dans les ",[51,52,54],"a",{"href":53},"\u002Farticles","articles",", à mesure qu'il prend\nforme.",[11,57,59],{"id":58},"extrait","Extrait",[16,61,62],{},"Un bruit sourd de basses montait avant même qu'on voie quoi que ce soit. Une\nnappe bleu pétrole découpait des flaques d'eau sur le bitume.",[16,64,65],{},"Les voitures passaient devant, trop vite pour la limitation, phares allumés,\nroues chromées qui accrochaient la lumière. Sur l'asphalte, les reflets des\njantes clignotaient par à-coups, comme un manège de miroirs maladifs.",[16,67,68],{},"C'est dans ces éclats-là qu'on commençait à remarquer les chaussures. De la\ndroite débarquaient des Doc Martens aux lacets blancs. En face, d'autres semelles\népaisses, lacets jaunes, avançaient dans leur direction. On aurait juré que les\ndeux groupes allaient se rentrer dedans, mais non : ils se frôlaient, se\njaugeaient d'un coup d'œil, et glissaient ensemble vers le parking sans un mot\nplus haut que l'autre.",[16,70,71],{},"Et l'étrange ballet continuait. Des baskets blanches encore propres, lacets\nfluo. Des Air Max défoncées, lacets noirs. Des Timberland miel, lacets jaunes\nnoués bien serrés. Des talons trop fins pour ces trottoirs. À chaque passage, le\nson se mélangeait un peu plus : talons qui claquent, semelles qui collent, basses\nqui vibrent sous la chaussée.",[16,73,74],{},"Ces drapeaux de rue — lacets en double nœud, verts sur un modèle précis de\nbasket, rangers rouges serrées en petit bloc compact — disaient tout de ceux qui\nles portaient. Ils marquaient les gangs, les crews, les appartenances. En plein\njour, au premier accrochage, ces codes suffisaient à déclencher une embrouille.\nIci, ce soir, ils traversaient le même couloir de lumière sans se sauter à la\ngorge.",[16,76,77],{},"Puis un bruit de moteur se détacha du fond sonore, plus feutré, plus cher. Les\nphares de la grosse cylindrée glissèrent sur l'asphalte en ralentissant. Ils\ndécoupaient les chaussures de leur faisceau, gommant les couleurs des lacets à\nleur passage.",[16,79,80],{},"Les semelles s'écartèrent d'elles-mêmes, comme repoussées par une vague\ninvisible. Là où il y avait un désordre de pas, un couloir se creusa, net, sans\nqu'on ait besoin de crier.",[16,82,83],{},"Les pneus se stoppèrent devant l'entrée VIP. La portière s'ouvrit.",[16,85,86],{},"Une paire de Viberg noires descendit d'abord, suivie d'un pantalon sombre, en\ndehors des codes couleur. Une deuxième jambe sortit. Les chaussures touchèrent le\nsol. Elles restèrent un instant immobiles, au milieu du couloir que les autres\ncorps avaient laissé.",[16,88,89],{},"La musique gagna en volume. Les basses devinrent presque physiques.",[16,91,92],{},"Une main ferme referma la portière : doigts longs, effilés, quelques bagues,\naucun tremblement. La personne se redressa, visage protégé par la visière d'une\ncasquette qui le laissait partiellement dans la pénombre. On devinait seulement\nun profil féminin, une bouche qui ne souriait pas, et des yeux qui balayaient le\nparking en un seul mouvement, comme s'ils prenaient la température de la nuit. Il\nn'y avait pas de signe distinctif évident, juste cette manière d'être là, au\ncentre du chaos, sans jamais se faire bousculer.",[16,94,95],{},"Ceux qui la reconnaissaient ne disaient rien. Les autres sentaient confusément\nqu'il valait mieux ne pas tester la gravité autour d'elle.",[16,97,98],{},"Elle se dirigea vers l'entrée sans presser le pas. Elle allait franchir le seuil\nquand quelque chose, dehors, accrocha son regard. Un détail. Un déplacement\nd'air. Elle se retourna à peine, un infime pivot de tête vers l'autre côté de la\nrue.",[16,100,101],{},"Sous un lampadaire, une silhouette immobile, capuche, mains dans les poches.\nJuste une gamine, visiblement trop jeune pour être là. Mais elle ne regardait ni\nla musique, ni la file. Elle fixait la porte comme on fixe un trou dans la glace.",[16,103,104],{},"La femme à la casquette resta une seconde en suspens. Son regard glissa de la\ngamine aux videurs. L'un d'eux sentit le mouvement avant même qu'elle ne parle.\nElle s'approcha, lui posa simplement la main sur l'épaule, une pression légère,\net inclina la tête du côté de la rue, à peine.",[16,106,107],{},"— Si elle veut entrer, ce soir, tu ne l'as pas vue.",[16,109,110],{},"Sa voix ne portait pas, mais le ton ne laissait pas place à la discussion. Le\nvideur hocha une fois la tête. Elle lâcha l'épaule, disparut dans la lumière\nbleue là d'où venaient les basses.",[16,112,113],{},"Dehors, sur le parking, le monde de la nuit reprit son cours.",[16,115,116],{},"Les deux videurs, oreillettes, doudounes noires, filtraient le flux. Ils ne\nparlaient presque pas. Ils regardaient. De haut en bas, en une seconde. Il y\navait dans leurs gestes une précision un peu trop calme, une vigilance qui ne\nfaiblissait pas. Ils donnaient l'impression de voir venir les embrouilles un pas\navant qu'elles ne commencent.",[16,118,119],{},"Les conversations baissaient d'un ton à leur hauteur. Deux groupes aux lacets\nopposés se croisèrent près de la barrière ; un instant, les épaules se frôlèrent,\nles regards s'accrochèrent. L'un des videurs tourna légèrement la tête. Rien de\nspectaculaire, juste un déplacement infime du poids du corps. Ça suffit. Les deux\ngroupes se décalèrent, chacun de son côté, comme si de rien n'était. Et la\ndiscussion reprit.",[16,121,122],{},"À gauche, la porte « tout venant » : une file qui s'étirait, fumeurs, couples,\ncrews qui rigolaient trop fort pour se donner du courage. À droite, un petit sas\nlatéral : pas de queue, juste des silhouettes mieux habillées, ou carrément en\nsurvêt de marque, qui arrivaient en voiture, s'arrêtaient trois secondes,\nserraient des mains, disparaissaient à l'intérieur. Ils venaient « s'encanailler\nen banlieue » avant de remonter en ville.",[16,124,125],{},"La façade du bar n'affichait pas vraiment son nom. Une enseigne fatiguée, un néon\nqui grésillait. La lumière bleue qu'il projetait sur le trottoir donnait cette\ncouleur pétrole aux visages, creusait les pommettes, avalait les yeux.",[16,127,128],{},"La musique, quelque chose à la Chinese Man, nappes et scratches, se mélangeait\naux bribes de voix, aux éclats de rire, aux aboiements lointains d'un chien. On\nn'était pas encore dans un film de guerre urbaine, mais on sentait bien qu'il\nsuffirait de peu pour que le parking devienne une ligne de front. Ici pourtant,\nce soir comme les autres, tout le monde tenait sa laisse invisible.",[16,130,131],{},"De l'autre côté de la rue, immobile, quelqu'un observait ce chaos. Capuche\nremontée, mains dans les poches.",{"title":133,"searchDepth":134,"depth":134,"links":135},"",2,[136,137,138],{"id":13,"depth":134,"text":14},{"id":27,"depth":134,"text":28},{"id":58,"depth":134,"text":59},"Roman en cours d'écriture. Titre de travail. Keny a dix-sept ans et entre travailler dans le bar où son grand frère est mort. Ni châtiment ni rédemption : des gens qui s'arrangent.","md","Roman",[],{},true,3,"\u002Flivres\u002Fen-cours-d-ecriture",{"title":5,"description":139},"en-cours-ecriture","livres\u002Fen-cours-d-ecriture","ur7w-opbeEqEaLMvUdBhwqoT9FItwiSsgwH3dtqoawc",1788746389459]