
À l’autre bout des fleurs
Un poème écrit après la mort de mon père. Le métronome qui s’arrête, l’enveloppe vide, et les fleurs qui, elles, résistent au temps.
Ce texte est littéralement post-mortem : il retrace ce que j’ai vécu à la mort de mon père. J’y ai laissé entrer un peu de macabre, et je tiens à la chute, qui fait tenir ensemble l’horreur et ce que j’éprouve devant sa tombe. Toujours nihiliste, on ne change pas.
À l’autre bout des fleurs
Cela avait commencé par l’arrêt soudain du métronome,
Une main doucement avait stoppé la course du temps,
Figeant alors le moment dans un infini présent,
Laissant les aiguilles orphelines et aphones.
Le souffle un temps suspendu dans son vol,
S’était éteint, laissant s’étendre le silence,
Révélant l’immensité du vide de l’absence,
Quand l’âme lassée avait pris son envol.
Plus rien ne restait, une enveloppe allongée,
Un maudit artefact dénué de charme,
Une carcasse osseuse qui n’avait plus d’âme,
Une photo figée sur une étagère bien rangée.
Aujourd’hui les fleurs sur ma tombe s’éternisent,
Elles résistent au temps et me méprisent,
Tandis qu’elles se dressent toujours face au vent,
À l’autre bout des fleurs, je nourris les vers lentement.